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Anti-inflammatoire et sport : les effets et les risques

Les médicaments anti-inflammatoires sont fortement utilisés chez le sportif, avant, pendant ou après l’entrainement. Parmi les plus utilisés, nous pouvons citer l’Ibuprofène® et le Voltarène® (en comprimé ou en crème).

En effet, entre 30 et 50% des sportifs consomment des anti-inflammatoires, en pensant masquer la douleur en cas de blessure, prévenir la fatigue, ou mieux récupérer. Pourtant, les AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens) ne sont pas efficaces pour ce genre d’utilisation, et présentent des effets secondaires parfois graves, le plus souvent méconnus chez le sportif.

Cet article a pour but de vous aider à connaitre les effets, les risques, et les recommendations concernant la prise d’anti-inflammatoires chez le sportif, ainsi que des alternatives moins nocives.

Sommaire :

 

Quels sont les anti-inflammatoires non stéroïdiens  ?

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sont une classe de médicaments souvent prescrits pour diminuer la douleur et l’inflammation. Ils peuvent être prescrits sous forme de comprimés, ou sous forme de crème pour une application locale. 

Liste des anti-inflammatoires non stéroïdiens : 

  • Ibuprofène (Advil®, Nurofen®).
  • Diclofénac (Voltarène®, Flexor®).
  • Kétoprofène (Kétum®).
  • Acide acétylsalicylique (Aspirine®, Aspegic®).

Chez le sportif, ils sont très fréquemment utilisés, et le plus souvent en auto-médication. Par exemple, près de 50% des coureurs à pied participant au marathon de Berlin ont déclaré avoir pris un anti-inflammatoire avant le départ (1). Et, jusqu’à 88% des coureurs à pied utilisent au moins une fois un médicament anti-inflammatoire dans l’année (2).

 

Effets des anti-inflammatoires

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens agissent en inhibant la libération d’enzymes (COX 1 et COX 2), qui permettent la production des prostaglandines (hormones). Les prostaglandines sont des hormones présentes dans le corps qui contribuent à l’inflammation, à la douleur, et à la fièvre, en augmentant la température et en dilatant les vaisseaux sanguins. Elles agissent également sur le fonctionnement du rein, de l’estomac, et du système cardiovasculaire.

Les principaux effets des médicaments anti-inflammatoires sont (3:

  • Réduire la réponse inflammatoire, donc l’inflammation.
  • Diminuer la protection de la paroi intestinale.
  • Perturber la fonction des reins.
  • Augmenter la tension artérielle, et l’agrégation plaquettaire.

En effet, les enzymes COX-I se trouvent dans tous les organes. Elles permettent la production du mucus gastrique, le flux sanguin rénal, la néovascularisation, l’agrégation plaquettaire, le développement de la fièvre, et de moduler l’apparition de la douleur. Les enzymes COX-II ne sont produites qu’en cas de lésion tissulaire, et permettent de propager l’inflammation, via la libération des prostaglandines.

Ainsi, les anti-inflammatoires n’agissent pas uniquement sur l’inflammation, localement. Ils ont de nombreux effets sur l’ensemble de l’organisme, et leur prise n’est pas sans risque.

 

Risques des médicaments anti-inflammatoires pour le sport

La prise d’un médicament anti-inflammatoire présente de nombreux risques sur la santé du sportif, et de nombreux effets secondaires :

  • Perturbe la guérison d’une blessure, à cause de l’action anti-inflammatoire.
  • Aggrave une douleur ou une blessure existante, en forçant plus pendant le sport.
  • Augmente les risques de problèmes rénaux aigus, et d’hyponatrémie.
  • Provoque des troubles digestifs à l’effort (saignements intestinaux, indigestion, perméabilité intestinale).
  • Augmente les risques cardio-vasculaires (arrêt cardiaque).

Par exemple, la prise d’ibuprofène pendant un ultra-marathon augmente les risques de souffrir d’un problème rénal pendant l’épreuve de 18%. Compte tenu de l’impact potentiellement délétère des épreuves longues d’endurance sur la fonction rénale, à cause notamment de la déshydratation, il ne faut pas prendre d’anti-inflammatoire avant ou pendant la compétition. Ce type de blessures peut être grave, et peuvent conduire à l’hospitalisation d’urgence, ou la mort (4).

Il est également démontré que la prise d’un anti-inflammatoire a tendance à perturber, et retarder la guérison de nombreuses blessures du sportifs : tendinites, lésions musculaires, entorses ligamentaires, ou encore fractures (5).

À LIRE: Anti-inflammatoires pour soulager la tendinite

 

Peut-on prendre un anti-inflammatoire avant, pendant ou après le sport ?

Prendre un anti-inflammatoire avant, ou pendant le sport n’est pas sans risque. Il est déconseillé de faire du sport après en avoir consommé, qu’il s’agisse de musculation, ou d’un sport d’endurance. De part leur action anti douleur, les anti-inflammatoires peuvent aggraver une douleur existante, et conduire le sportif à trop forcer sur une blessure, retardant ainsi la guérison. 

Pire, les anti-inflammatoires ont tendance à perturber la croissance et l’adaptation musculaire après un entrainement de musculation, et pourrait également bloquer certaines adaptations obtenues suite à un entrainement cardio d’endurance (6).

En effet, l’objectif de l’entrainement chez le sportif est de créer un stress perturbant l’organisme, qui va profiter de la période de récupération pour se renforcer, s’adapter, et progresser. Parmi les mécanismes permettant cette adaptation, la présence d’une réponse inflammatoire après le sport est nécessaire. Si vous bloquez l’inflammation en prenant un anti-inflammatoire, vous empêchez en partie votre organisme de mettre à profit votre entrainement sportif.

De plus, à cause de leurs nombreux effets sur l’organisme, la prise d’un anti-inflammatoire avant ou pendant le sport peut conduire à des complications rénales, cardiaques, et digestives, parfois graves.

Par exemple, la prise d’Ibuprofène® pendant une compétition de course à pied longue distance augmente les risques de souffrir d’un problème rénal pendant l’épreuve de 18%. Compte tenu de l’impact potentiellement délétère des épreuves longues d’endurances sur la fonction rénale, à cause notamment de la déshydratation, il ne faut pas prendre d’anti-inflammatoire avant ou pendant le sport. Ce type de blessures peut être grave, pouvant conduire à l’hospitalisation d’urgence, ou la mort (4).

Il a également été conclu que la prise d’un anti-inflammatoire pendant une compétition d’endurance (course à pied, cyclisme, ou triathlon), augmente les risques d’hyponatrémie, une cause potentiellement mortelle d’effondrement pendant et après un effort d’endurance (7). 

De plus, la prise d’anti-inflammatoire, avant, pendant, ou après l’entrainement, n’offre aucun bénéfice sur l’amélioration des performances, la prévention des courbatures, ou la récupération (8).

Par exemple, l’utilisation d’Ibuprofène® chez des coureurs à pied (ultra trail 160km) n’a pas diminué les dommages et les douleurs musculaires pendant la compétition, ni les courbatures après. De plus, les coureurs ayant pris de l’Ibuprofène® présentaient un niveau d’endotoxines plus élevé dans le sang, indiquant la présence d’une inflammation dans l’organisme (9).

Courir sous anti-inflammatoire, ou en prendre avant un match de football par exemple, sont des comportements à éviter quand on est sportif.

À LIRE: 10 conseils pour récupérer après le sport

 

 
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Quand prendre des anti-inflammatoires pour le sport ?

Les anti-inflammatoires sont déconseillés en cas de tendinites, de lésions musculaires ou de fractures. En effet, ils ont tendance à retarder et perturber la bonne guérison des tissus. Ils peuvent être utiles pour soulager une douleur intense provoquée par une compression nerveuse, une inflammation articulaire (arthrite), ou une ténosinovite (inflammation de la gaine du tendon), avec précaution.

De part leurs multiples effets secondaires sur l’organisme, vous ne devez pas prendre un anti-inflammatoire sans un avis médical. C’est à votre médecin d’établir un rapport bénéfice / risque individuel, avant l’administration d’AINS, tout particulièrement chez le sportif dont les risques de blessure sont importants. Ainsi, votre médecin doit tenir compte non seulement de leur efficacité, mais aussi de leur toxicité et de leurs risques (10).

Ainsi, l’utilisation d’AINS doit être prudente et spécifique à la fois à la situation et à la pathologie. Limiter la dose et la durée doit être une priorité, ainsi que l’utilisation d’autres méthodes à visée anti-douleur comme le repos, la glace, la compression, l’élévation, et les exercices spécifiques de rééducation (11).

En automédication, il sera préférable d’utiliser des anti-inflammatoires sous forme de crème, ou de pommade, pour limiter les effets secondaires, ou de privilégier d’autres alternatives anti-douleur.

Des millions de personnes dans le monde prennent régulièrement des anti‐inflammatoires pour des troubles banals, pour soulager à la fois la douleur et l’inflammation, avec peu de connaissances sur la sécurité, la tolérance, les risques et les complications indésirables potentielles.

À LIRE: Comment soigner une tendinite ?

 

Crème ou pommade anti-inflammatoire

Utiliser une pommade ou une crème anti-inflammatoire avant le sport pour soulager un douleur musculaire, articulaire, ou tendineuse, peut être une meilleure alternative que la prise par voie orale.

En effet, les études comparant l’efficacité des deux formes d’anti-inflammatoires montrent que l’application locale est aussi efficace que la prise par voie orale pour réduire la douleur. De plus l’application locale d’une crème anti-inflammatoire diminue potentiellement les effets secondaires rénaux, digestifs, ou cardiaques, comparativement à l’utilisation par voie orale (12).

Toutefois, il ne faut pas oublier que si vous appliquez du Voltarène®, du Flextor® ou du Kétum®, sur une douleur, vous masquez la douleur. Vous risquez donc de trop forcer dessus pendant votre entrainement, donc de l’aggraver. De plus, parce que les anti-inflammatoires perturbent la guérison des tissus, vous augmentez les risques de développer une douleur chronique, plus difficile à soigner.

 

 

Quels médicaments ou alternatives pour remplacer les anti-inflammatoires ?

Il existe des alternatives aux médicaments anti-inflammatoires, afin de soulager la douleur :

Le paracétamol est un médicament anti-douleur (analgésique), ayant moins d’effets secondaires sur la santé que les anti-inflammatoires. Cependant, il est à utiliser avec précaution, car une overdose est extrêmement toxique pour le foie. De plus, on retrouve malgré tout certains effets secondaires sur le système digestif, rénal, et cardiovasculaire, qui méritent des études plus approfondies (13).

La curcumine, présent dans le curcuma, a une action anti-inflammatoire, pouvant aider à réduire la douleur, limiter les courbatures, et soutenir la guérison des tissus, notamment en cas de tendinites (14, 15).

La bromélaïne, qui provient de l’ananas, est reconnu pour son effet anti-inflammatoire, son action sur la réduction de la douleur et la récupération des blessures du sportif (16). De plus, une étude a révélé que la supplémentation en bromélaïne réduirait les sensations de fatigue et maintiendrait la concentration normale de testostérone durant une compétition cycliste par étapes de 6 jours (17).

L’application du froid, sur une zone douloureuse ou inflammée, est efficace pour se soulager. Toutefois, le froid n’est pas toujours conseillé immédiatement avant un entrainement sportif, car il augmente la raideur musculaire, et limite l’afflux sanguin (vasoconstriction). Le froid peut également être conseillé en cas d’oedème et de gonflement important, afin de le réduire ou le limiter (18).

À LIRE: Liste des meilleurs anti-inflammatoires naturels

 

À retenir

La prise d’un médicament anti-inflammatoire pour le sport n’est pas recommandée, sans avis médical. Les effets secondaires potentiels sont nombreux et parfois dangereux pour le sportif (digestifs, rénaux, cardiaques). 

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens n’améliorent pas les performances sportives, n’accélèrent pas la récupération, et n’aident pas à limiter ou récupérer des courbatures. 

De part leur action anti-inflammatoire, ils perturbent le mécanisme naturel de guérison, indispensable pour soigner la plupart des blessures du sportif : entorses, tendinites, fractures, lésions musculaires.

La douleur est un signal d’alarme envoyé par l’organisme qui se doit d’être écoutée. La prise d’un anti-douleur, quelque soit son origine, peut conduire à trop forcer sur une douleur, augmentant ainsi le risque de se blesser, voire de tomber dans la chronicité.

Les alternatives aux anti-inflammatoires les plus couramment utilisées, ayant potentiellement moins d’effets secondaires, sont le paracétamol, le curcuma, ou encore l’application du froid.

 

D’autres questions après la lecture de cet article ? N’hésitez pas à m’écrire vos questions et commentaires en bas de la page.

Informations fondées sur les dernières recommandations et données médicales et scientifiques

NB : Cet article n’a pas pour but de remplacer une consultation médicale qui reste la solution à privilégier et à conseiller.

Sources :

  • 1) Consumption of analgesics before a marathon and the incidence of cardiovascular, gastrointestinal and renal problems: a cohort study
  • 2) Oral non-steroidal anti-inflammatory drug use in recreational runners participating in Parkrun UK: Prevalence of use and awareness of risk
  • 3) Non-steroidal anti-inflammatory drugs for athletes: An update
  • 4) Acute kidney injury associated with endurance events—is it a cause for concern? A systematic review
  • 5) A sensible approach to the use of NSAIDs in sports medicine
  • 6) High doses of anti-inflammatory drugs compromise muscle strength and hypertrophic adaptations to resistance training in young adults
  • 7) NSAID Use Increases the Risk of Developing Hyponatremia during an Ironman Triathlon
  • 8) Effect of Non-Steroidal Anti-Inflammatory Drugs on Sport Performance Indices in Healthy People: a Meta-Analysis of Randomized Controlled Trials
  • 9) Ibuprofen use, endotoxemia, inflammation, and plasma cytokines during ultramarathon competition
  • 10) Non‐steroidal anti‐inflammatory drugs in athletes
  • 11) Non-steroidal anti-inflammatory drugs in sports medicine: guidelines for practical but sensible use
  • 12) Flurbiprofen concentration in soft tissues is higher after topical application than after oral administration)
  • 13) Paracetamol: not as safe as we thought? A systematic literature review of observational studies
  • 14) Curcumin: A Review of Its’ Effects on Human Health
  • 15) Curcuminoids and Boswellia serrata extracts combination decreases tendinopathy symptoms: findings from an open-label post-observational study
  • 16) Recent Advances and Insights into Bromelain Processing, Pharmacokinetics and Therapeutic Uses
  • 17) Acute protease supplementation effects on muscle damage and recovery across consecutive days of cycle racing
  • 18) Is it time to put traditional cold therapy in rehabilitation of soft-tissue injuries out to pasture?
  • Image à la une : Depositphotos

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