La lombalgie, ou douleur du bas du dos, est l’un des problèmes de santé les plus fréquents : la grande majorité d’entre nous en souffrira au moins une fois dans sa vie. Heureusement, elle est le plus souvent bénigne et passe en quelques semaines.
Dans cet article, retrouvez la définition de la lombalgie, ses symptômes, ses causes, sa durée et son traitement, ainsi que le lien entre mal de dos et constipation, une question très fréquente.
- Définition
- Symptômes
- Causes
- Mal de dos et constipation : quel lien ?
- Durée
- Traitement
- Questions fréquentes (FAQ)
La lombalgie est une douleur du bas du dos, entre les dernières côtes et le pli des fesses, parfois accompagnée d’une douleur dans la jambe. Dans plus de 90 % des cas, elle est dite « commune » : aucune lésion grave n’est en cause, et elle guérit le plus souvent en quelques jours à quelques semaines. On parle de lombalgie aiguë avant 6 semaines, et de lombalgie chronique au-delà de 3 mois. Le traitement le plus efficace est de rester actif et de faire des exercices. La constipation peut accompagner un mal de dos ou l’aggraver, mais une constipation brutale avec des troubles urinaires ou un engourdissement entre les cuisses est une urgence.
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Lombalgie : définition
La lombalgie est une douleur de la région lombaire, c’est-à-dire du bas du dos. Ce n’est pas une maladie en soi, mais un symptôme très fréquent : 60 à 85 % des adultes connaîtront au moins un épisode de lombalgie au cours de leur vie.
La région lombaire est composée de 5 vertèbres lombaires (L1 à L5), qui s’articulent les unes avec les autres et sont séparées par les disques intervertébraux. Elle est entourée de nombreux muscles et ligaments.
Près de la moitié des personnes qui ont eu une lombalgie en auront un nouvel épisode. La lombalgie est aussi l’une des premières causes d’arrêt de travail et de limitation d’activité dans le monde.
Les personnes sédentaires, en surpoids, fumeuses, stressées, ou qui ont un travail physiquement exigeant sont plus à risque de souffrir du bas du dos.

Symptômes de la lombalgie
La lombalgie se manifeste par une douleur et une raideur du bas du dos, qui gênent les mouvements, en particulier pour se pencher en avant. La douleur peut parfois descendre dans la fesse ou la jambe.
- Douleur dans la région lombaire, en bas du dos, parfois au niveau des fesses ou des sacro-iliaques.
- Raideur musculaire et sensation de barre en bas du dos.
- Douleur pouvant descendre le long de la jambe (sciatique ou cruralgie).
- Sensations de brûlure, de coup de poignard ou de décharge électrique.
- Difficulté à bouger le dos, en particulier pour se pencher en avant (dos bloqué).
La douleur varie souvent selon les positions et les mouvements. Contrairement à une idée reçue, le repos prolongé ne la soulage pas durablement : rester actif est ce qui aide le plus à guérir.
🚑 Consultez rapidement si votre lombalgie s’accompagne de :
- En urgence (15) : troubles urinaires (difficulté à uriner, fuites), constipation ou perte de contrôle des selles d’apparition brutale, engourdissement entre les cuisses ou autour de l’anus ;
- faiblesse d’une jambe qui s’aggrave ;
- fièvre, douleur après une chute ou un choc, ostéoporose ou traitement par cortisone ;
- antécédent de cancer, perte de poids inexpliquée ;
- douleur intense la nuit, qui ne se calme pas au repos, ou raideur matinale importante et prolongée (plus de 30 minutes).
Causes de la lombalgie
Dans plus de 90 % des cas, on ne peut pas identifier une cause précise : on parle de lombalgie « commune », sans gravité. Plus rarement, elle est liée à une hernie discale, une maladie inflammatoire, une fracture ou une autre cause spécifique.
Plusieurs facteurs peuvent contribuer à la lombalgie commune :
- tensions ou contractures musculaires, souvent après un effort inhabituel ou un faux mouvement ;
- sédentarité et manque de condition physique ;
- surpoids ou obésité ;
- tabac ;
- stress, fatigue, manque de sommeil, et appréhension de la douleur.
Plus rarement, la lombalgie a une cause spécifique :
- hernie discale lombaire, souvent associée à une sciatique ;
- arthrose lombaire ou spondylolisthésis (glissement d’une vertèbre) ;
- déformation de la colonne, comme la scoliose ;
- maladie inflammatoire, comme la spondylarthrite ankylosante ;
- fracture vertébrale, après un traumatisme ou en cas d’ostéoporose ;
- exceptionnellement, une infection ou une tumeur.
À noter : l’usure des disques (discopathie) visible à l’IRM est très fréquente, même chez les personnes qui n’ont pas mal au dos. Elle n’explique donc pas forcément votre douleur, et en l’absence de signe d’alerte, aucune imagerie n’est nécessaire.
Mal de dos et constipation : quel lien ?
Oui, la constipation et le mal de dos sont souvent associés : un gros intestin encombré peut provoquer une gêne ressentie dans le bas du dos, et à l’inverse, la douleur, le manque d’activité et certains anti-douleurs ralentissent le transit. Dans la grande majorité des cas, ce n’est pas grave. Mais une constipation brutale avec des troubles urinaires ou un engourdissement entre les cuisses est une urgence.
La constipation peut-elle donner mal au dos ?
Oui. Les douleurs du côlon et du rectum peuvent être ressenties dans le bas du dos : c’est ce qu’on appelle une douleur projetée. Les ballonnements et les efforts de poussée répétés aux toilettes peuvent aussi majorer une gêne lombaire. Les personnes qui souffrent de constipation chronique ou de troubles digestifs fonctionnels (côlon irritable) ont plus souvent mal au dos.
Dans ce cas, la douleur de dos s’améliore souvent quand le transit redevient normal.
Lumbago et constipation : pourquoi les deux arrivent ensemble ?
Quand on a un lumbago, plusieurs facteurs ralentissent le transit :
- on bouge beaucoup moins, alors que l’activité physique stimule l’intestin ;
- on boit et on mange souvent moins bien ;
- la douleur rend la poussée aux toilettes difficile ;
- certains anti-douleurs, comme la codéine, le tramadol et les autres opioïdes, sont très constipants. Ils ne sont d’ailleurs pas recommandés dans le mal de dos.
Constipation après une chute sur le dos
Une chute sur le dos ou sur les fesses peut entraîner une douleur et une constipation passagère. Mais en cas de douleur intense après une chute, surtout après 50 ans ou en cas d’ostéoporose, il faut consulter pour vérifier l’absence de fracture vertébrale. Et si la constipation s’accompagne de difficultés à uriner ou d’un engourdissement entre les cuisses, c’est une urgence.
Constipation, mal de dos et douleur dans la jambe : quand s’inquiéter ?
Une douleur de dos avec sciatique et une constipation banale peuvent coexister sans gravité. En revanche, l’association d’une douleur de dos, d’une douleur ou d’une faiblesse dans les deux jambes, et de troubles urinaires, des selles ou de la sensibilité entre les cuisses peut révéler un syndrome de la queue de cheval, une compression des nerfs du bas du dos qui nécessite une prise en charge chirurgicale urgente : appelez le 15.
Consultez aussi votre médecin en cas de sang dans les selles, de perte de poids inexpliquée, de changement récent et durable du transit (surtout après 50 ans), de fièvre, ou de douleur abdominale intense.
Que faire en cas de mal de dos et de constipation ?
Les solutions les plus efficaces agissent à la fois sur le dos et sur le transit :
- Marcher tous les jours : la marche soulage le dos et stimule l’intestin.
- Manger suffisamment de fibres (fruits, légumes, légumineuses, céréales complètes), en les augmentant progressivement.
- Boire suffisamment d’eau tout au long de la journée.
- Aller aux toilettes dès que le besoin se fait sentir, sans forcer, les pieds surélevés sur un petit tabouret.
- Appliquer de la chaleur sur le bas du dos pour soulager la douleur.
- Éviter les anti-douleurs constipants (codéine, tramadol), et demander conseil à votre pharmacien pour un laxatif doux si besoin.
À LIRE : Anti-inflammatoire et mal de dos : lequel prendre ?
Durée de la lombalgie
La plupart des lombalgies guérissent en quelques jours à quelques semaines : la moitié des personnes vont nettement mieux en 2 semaines, et la grande majorité en 6 semaines. Une minorité développe une lombalgie chronique, au-delà de 3 mois.
- Lombalgie aiguë : moins de 6 semaines.
- Lombalgie subaiguë : entre 6 semaines et 3 mois.
- Lombalgie chronique : plus de 3 mois.
Environ 10 à 20 % des personnes qui ont une lombalgie aiguë développent une lombalgie chronique. Le risque est plus élevé en cas de peur de bouger, de repos prolongé, de stress ou de difficultés au travail : rester actif dès le début est le meilleur moyen de l’éviter.
Comment soigner une lombalgie ?
Le traitement le plus efficace de la lombalgie est de rester actif et de faire des exercices adaptés. La chaleur, le massage et les séances de kiné ou d’ostéopathie soulagent en complément. Les médicaments n’ont qu’un rôle d’appoint.
Voici les solutions, classées de la plus efficace à la moins efficace :
- Rester actif et marcher tous les jours, en évitant le repos au lit prolongé.
- Pratiquer des exercices spécifiques pour le dos (gainage, renforcement, mobilité), et une activité physique régulière, comme le Pilates, la natation ou le vélo.
- Mettre du chaud sur les lombaires, 15 à 20 minutes, plusieurs fois par jour.
- Se faire masser ou consulter un kinésithérapeute ou un ostéopathe, en complément des exercices.
- Gérer le stress et le sommeil (respiration, relaxation).
- Perdre du poids si nécessaire.
- Si besoin, un anti-inflammatoire quelques jours, sur avis médical.
- Les remèdes naturels (huiles essentielles, curcuma, oméga-3) ont peu ou pas de preuves d’efficacité sur le mal de dos.
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À LIRE : Remèdes naturels contre le mal de dos : ce qui marche vraiment
Questions fréquentes (FAQ)
Qu’est-ce qu’une lombalgie ? C’est une douleur du bas du dos, le plus souvent bénigne et sans cause grave, qui guérit en quelques semaines dans la grande majorité des cas.
La constipation peut-elle donner mal au dos ? Oui, une constipation peut provoquer une gêne ressentie dans le bas du dos, qui s’améliore quand le transit redevient normal.
Pourquoi ai-je mal au dos et suis-je constipé en même temps ? La douleur, le manque d’activité et certains anti-douleurs (codéine, tramadol) ralentissent le transit. Une constipation brutale avec troubles urinaires ou engourdissement entre les cuisses est en revanche une urgence.
Combien de temps dure une lombalgie ? La moitié des lombalgies vont nettement mieux en 2 semaines, la grande majorité en 6 semaines. Au-delà de 3 mois, on parle de lombalgie chronique.
Faut-il faire une radio ou une IRM pour une lombalgie ? Non, sauf en présence de signes d’alerte (fièvre, faiblesse d’une jambe, troubles urinaires, traumatisme, antécédent de cancer).
Quel est le meilleur traitement de la lombalgie ? Rester actif et faire des exercices adaptés, complétés si besoin par la chaleur, le massage et la kinésithérapie.
En résumé
La lombalgie est une douleur du bas du dos très fréquente, le plus souvent bénigne, qui guérit en quelques semaines. Le meilleur traitement est de rester actif et de faire des exercices. La constipation peut accompagner ou aggraver un mal de dos : la marche, les fibres et l’hydratation aident les deux. Restez attentif aux signes d’alerte, en particulier une constipation brutale avec des troubles urinaires.
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D’autres questions après la lecture de cet article ? N’hésitez pas à m’écrire vos questions et commentaires en bas de la page.
NB : Cet article n’a pas pour but de remplacer une consultation médicale qui reste la solution à privilégier et à conseiller.
- HAS 2019 — Prise en charge du patient présentant une lombalgie commune
- NINDS — Fiche d’informations sur la lombalgie
- NICE NG59 — Low back pain and sciatica in over 16s: assessment and management
- Brinjikji et al. 2015 — Imaging features of spinal degeneration in asymptomatic populations (AJNR)
- Optimiser la gestion conservatrice des lombalgies chroniques : protocole d’étude pour un essai contrôlé randomisé
- Image à la une : People photo created by Racool_studio
