En course à pied, l'alimentation est votre carburant. Qu'il s'agisse de votre premier 5km ou de votre dixième marathon, manger les bons aliments, aux bons moments et en bonne quantité fait la différence entre une séance réussie et une sortie épuisante, entre une progression régulière et une accumulation de blessures.
Dans ce guide complet, retrouvez toutes les recommandations nutritionnelles pour le coureur à pied, fondées sur les dernières données scientifiques, avec des conseils pratiques adaptés à chaque distance et à chaque objectif.
- Les 10 règles fondamentales de la nutrition du coureur
- L'assiette du coureur : quantités selon l'intensité
- Alimentation par distance (5km, 10km, semi-marathon, marathon)
- Avant la course : la recharge glucidique
- Pendant la course : gels, boissons et quantité
- Après la course : récupération et alimentation
- Hydratation en course à pied
- Courir pour maigrir : les conseils
- Compléments alimentaires pour le coureur
- Question fréquentes sur la nutrition du coureur
10 règles fondamentales de la nutrition du coureur
L'alimentation du coureur à pied repose sur des principes simples, mais souvent négligés. Voici les 10 règles essentielles à adopter, quel que soit votre niveau ou votre objectif :
- Adoptez une alimentation saine, équilibrée, riche en aliments naturels et non transformés.
- Faites des glucides votre principale source d'énergie : 55 à 65 % de vos apports caloriques quotidiens.
- Consommez des protéines de qualité à chaque repas : 1,4 à 1,8 g par kilo de poids de corps par jour.
- Ne supprimez jamais une catégorie alimentaire : ni les glucides, ni les lipides.
- Adaptez vos portions à l'intensité de vos entraînements : plus la séance est longue ou intense, plus vous devez manger de glucides.
- Mangez suffisamment de légumes et de fruits pour couvrir vos besoins en vitamines, minéraux et antioxydants.
- Privilégiez les bonnes graisses : huile d'olive, poissons gras, avocats, oléagineux.
- Hydratez-vous tout au long de la journée et pendant vos séances de plus d'une heure.
- Ne courez pas à jeun systématiquement, surtout sur les séances longues ou intenses.
- Mangez dans les 2 heures qui suivent chaque entraînement pour optimiser votre récupération.
Votre alimentation est-elle adaptée ? Évaluez votre disponibilité énergétique : Fatigue persistante, blessures fréquentes, performances en baisse ? Faites le test en 5 minutes → Questionnaire de Disponibilité Énergétique
L'assiette du coureur : quantités selon l'intensité
La composition de vos repas doit s'adapter à la charge d'entraînement du jour. Voici le modèle de l'assiette du coureur :
Pour tous vos repas principaux :
- 1/3 de glucides complexes : quinoa, riz, avoine, sarrasin, patate douce, pomme de terre, pâtes
- 1/3 de protéines : viandes, poissons, œufs, légumineuses, tofu
- 1/3 de légumes variés : cuits ou crus, colorés
- Une source de bonnes graisses : huile d'olive, avocat, oléagineux
Globalement, on ne modifie pas la quantité de protéines (1,§ à 2 g/kg/j) et graisses qui restent similaires d'une journée à l'autre, quel que soit l'entraînement. On joue surtout sur l'apport en glucides qui va donc varier d'un jour à l'autre, en fonction de vos entraînements.
Adapter les quantités de glucides :
Globalement, on ne modifie presque pas la quantité de protéines (entre 1,4 à 2 g/kg/j) et de graisses (entre 0,8 et 1,2 g/kg/j) qui restent similaires d'une journée à l'autre, quel que soit l'entraînement.
Exemple concret pour un coureur de 70 kg — jour d'entraînement long (2h avec fractionné) :
- Glucides : 7 à 8 g/kg/j = 490 à 560 g de glucides sur la journée
- Protéines : 1,6 g/kg/j = 112 g de protéines sur la journée
- Lipides : 1,0 g/kg/j = 70 g de lipides sur la journée
- Répartis sur 3 repas + 1 à 2 collations

Alimentation par distance (5km, 10km, semi, marathon)
5 km et 10 km
Pour un 5 km ou un 10 km, les besoins nutritionnels sont simples : il n'est pas nécessaire de s'alimenter pendant la course, ni de modifier profondément votre alimentation les jours précédents (sauf la veille, où il convient d'éviter les aliments trop riches en fibres ou en graisses).
- Repas d'avant course : 1 à 2 g de glucides par kg de poids de corps, terminé 2 à 3h avant
- Pendant la course : rien, sauf une petite gorgée d'eau si chaleur
- Après la course : repas équilibré glucides + protéines dans les 2h
Astuce 10 km :
Pour un petit "boost" de performance sans s'alimenter, essayez le rinçage de bouche (mouth rinse) : prenez une gorgée de boisson sucrée, gardez-la en bouche 10 secondes et buvez ou recrachez. Les récepteurs glucidiques de la bouche stimulent le cerveau pour contrer la fatigue, ce qui peut améliorer la performance de 1 à 2 %.
Semi-marathon
Le semi-marathon ne nécessite généralement pas d'alimentation en course si vous le terminez en moins de 1h30. Au-delà, vous entrez dans la zone où les stocks de glycogène peuvent s'épuiser.
- Veille : augmenter légèrement les glucides (7 à 8 g/kg/j), réduire les fibres
- Repas d'avant course : 3 à 4 g de glucides/kg, 3h à 3h30 avant
- Pendant la course si > 1h30 : 30 à 60 g de glucides/heure (gel, boisson, compote)
- Après la course : priorité à la réhydratation, puis repas glucides + protéines
Marathon
Le marathon est l'épreuve reine en matière de stratégie nutritionnelle. La gestion des stocks de glycogène est déterminante pour éviter le mur, repousser la fatigue et optimiser la performance.
- Préparation J-7 à J-3 : alimentation normale équilibrée
- J-3 à J-1 : charge glucidique (7 à 10 g/kg/j), réduction des fibres
- Repas d'avant course : 3 à 4 g de glucides/kg, 3 à 4h avant
- Pendant le marathon : 30 à 120 g de glucides/heure selon le niveau (voir tableau dans l'article dédié)
- Après le marathon : réhydratation + repas plaisir + récupération sur 5 à 7 jours
Trail et ultra-trail
Le trail impose des contraintes spécifiques liées à la durée, au dénivelé et à la digestion en effort prolongé. Prévoir 30 à 90 g de glucides/heure selon le niveau (voir tableau dans l'article dédié). Les aliments solides (bananes, riz, bouillon) et l'apport en sodium prennent une place importante pour les ravitaillements.
À LIRE : Alimentation pour le trail running
Avant la course : que faut-il manger ?
L'alimentation d'avant course doit répondre à trois objectifs : faire le plein de glycogène, limiter les risques de troubles digestifs, et assurer une bonne hydratation. Elle se planifie sur plusieurs repas, à partir des 48 heures précédant la course.
Les données les plus récentes (Jones et al., 2026) précisent que 10 g/kg/j génèrent 37 % de glycogène musculaire en plus par rapport à 6 g/kg/j. Aucune prise de poids significative n'a été observée à ce niveau. Ce protocole est pertinent pour tout effort de plus de 90 minutes à intensité modérée à élevée. Sur un effort court de moins de 2h, l'impact reste marginal.
Répartissez l'apport sur 5 à 6 prises dans la journée pour faciliter l'absorption. Le tableau ci-dessous vous donne un exemple concret pour un coureur de 70 kg.
Recharge glucidique sur une journée :
Aliments à privilégier avant une course :
- Glucides faciles à digérer : riz blanc, pâtes blanches, patate douce, pain, muesli, banane
- Protéines maigres : volaille, œufs, poisson blanc
- Éviter : aliments riches en fibres (légumineuses, céréales complètes), aliments gras
Timing optimal : finir le dernier repas 3 à 4h avant le départ (ou 1h30 à 2h si collation plus légère).
À LIRE : Que faut-il manger avant une course ? (exemples de menus)
Exemples de repas d'avant course :
- 3 oeufs sur le plat, 4 tartines de pain, sirop d'érable, jus de fruits.
- Blanc de poulet grillé, riz blanc, compote de fruits.
- Thon en conserve, purée de patate douce, thé ou café avec du miel.
- Pavé de cabillaud vapeur, pâtes blanches, jus de fruits.
Il faut prévoir des repas simples, digestes, contenant des aliments que vous aimez. Ne testez rien de nouveau le jour J, ni la veille de la course.
Quel petit-déjeuner avant de courir ?
Avant d'aller courir, vous pouvez consommer un petit déjeuner qui doit être terminé 1 à 2 heures avant votre entraînement ou votre compétition. En effet, vous devez éviter de courir juste après votre repas, au risque de souffrir de maux d'estomac et de troubles digestifs.
Exemples de petit déjeuner avant de courir :
- 1 bol contenant des flocons d'avoine, une banane, une poignée d'amandes, des myrtilles, et du lait (ou lait végétal enrichi en calcium).
- 2 à 3 tartines de pain complet, 2 oeufs brouillés, un kiwi.
- 2 à 3 tartines de pain de seigle, beurre de cacahuète, et une banane.
- 1 bol de muesli, un yaourt grecque, 1 pomme coupée en dés, du sirop d'érable.
Ces petits déjeuners peuvent être complétés par une boisson chaude comme un café ou un thé, sauf si la caféine vous provoque des troubles digestifs en courant.
À LIRE : Recettes de petit-déjeuners équilibrés pour sportifs
Pendant la course : gels, boissons et quantités
Pour les efforts de moins d'une heure, aucune alimentation n'est nécessaire. Au-delà, consommer des glucides pendant l'effort améliore significativement la performance et retarde la fatigue.
À LIRE : Alimentation pendant la course à pied : gels, barres, boissons
Alimentation après la course : la récupération
La récupération nutritionnelle après l'effort repose sur deux piliers : la réhydratation et la reconstitution des stocks d'énergie et de protéines. Elle commence dès les 2 heures qui suivent la course ou l'entraînement.
- Dans les 30 min : boisson de récupération (lait, smoothie protéiné, eau + glucides)
- Dans les 2h : repas complet glucides + protéines + légumes
- Les jours suivants : alimentation équilibrée, suffisamment calorique, riches en antioxydants
À LIRE : Récupération après la course à pied
Hydratation en course à pied
La déshydratation, même légère (1 à 2 % du poids corporel), dégrade les performances et la récupération. L'hydratation se gère avant, pendant et après l'effort.
- Avant : 350 à 500 ml dans les 4h précédant la course, puis 200 ml 30 min avant
- Pendant (> 1h) : 150 à 250 ml toutes les 20 min, soit 400 à 800 ml/heure
- Ajouter du sodium : 300 à 500 mg/L sur les efforts > 2h ou par forte chaleur
- Après : 1,5 L d'eau par kg de poids perdu
À LIRE : Hydratation pour la course à pied
PDF gratuit à télécharger
Nutrition et Hydratation pour la course à pied
- Au quotidien, à l'entraînement et en compétition
- Recettes de boissons, de gels et de ravitaillements
- Exemples de repas équilibrés
Courir pour maigrir : les conseils
La course à pied est efficace pour perdre du poids, mais certaines règles nutritionnelles spécifiques s'appliquent pour ne pas perdre de muscle, ni risquer de vous blesser.
- Déficit calorique modéré : 300 à 500 kcal/jour maximum
- Augmenter les protéines : 1,6 à 2 g/kg/j pour préserver la masse musculaire
- Ne pas retirer ou limiter les glucides les jours d'entraînement long ou intense
- Éviter de courir à jeun sur les séances difficiles
- Conserver des séances de renforcement musculaire, pour maintenir la masse musculaire, et perdre des graisses.
- Rythme de perte de poids cible : 0,5 kg par semaine
Compléments alimentaires pour le coureur
La plupart des coureurs n'ont pas besoin de compléments si leur alimentation est équilibrée. Toutefois, certains méritent une attention particulière :
- Fer : carence fréquente, surtout chez les femmes, à contrôler par des prises de sang régulières
- Vitamine D : indispensable pour la santé osseuse et l'immunité
- Oméga-3 : anti-inflammatoires naturels, utiles pour la récupération
- Collagène : peut aider en cas de tendinites, douleurs articulaires ou fractures de fatigue
- Magnésium : utile en cas de crampes ou de stress intense
- Caféine : améliore la performance de 1 à 3 % (gel caféiné, café avant la course)
Attention aux antioxydants en excès :
La prise de compléments antioxydants (vitamine C, E, bêta-carotène) à hautes doses est déconseillée chez le coureur en période d'entraînement. Ils semblent perturber les adaptations naturelles de l'organisme à l'entraînement nécessaire à la progression. Les antioxydants via l'alimentation (fruits, légumes) restent en revanche bénéfiques.
FAQ — Questions fréquentes sur la nutrition en course à pied
Faut-il manger avant de courir le matin ?
Oui, idéalement. Pour une sortie facile de 30 à 45 min, une collation légère (banane, compote, flocons d'avoine) suffit. Pour une séance longue ou intense, un vrai petit déjeuner 1h30 à 2h avant est recommandé. Courir systématiquement à jeun sur des séances difficiles augmente le risque de blessure et nuit à la récupération.
Combien de calories brûle-t-on en courant ?
En moyenne, 1 kcal par kg de poids corporel par kilomètre parcouru. Un coureur de 70 kg qui court 10 km dépense environ 700 kcal, indépendamment de la vitesse. Pour plus de précision, vous pouvez consulter mon guide "Combien de calories brûlées pendant le sport".
Faut-il une boisson énergétique ou de l'eau ?
Pour les sorties de moins d'1h à intensité modérée, l'eau suffit. Pour les efforts longs (> 1h30) ou intenses, une boisson contenant des glucides apporte un avantage en termes d'énergie et d'absorption. Testez toujours vos boissons à l'entraînement avant une compétition.
Peut-on courir en régime cétogène (low-carb) ?
Le régime low-carb peut convenir pour des sorties à faible intensité, mais il nuit clairement aux performances sur les efforts intenses et longs. Les glucides restent le carburant principal de la course à pied au-delà d'une intensité modérée. Les données scientifiques de 2026 confirment que les besoins en glucides des coureurs d'endurance ne peuvent pas être compensés par les graisses seules.
D’autres questions après la lecture de cet article ? N’hésitez pas à m’écrire vos questions et commentaires en bas de la page.
- Nutrition pour les sports d'endurance : marathon, triathlon et cyclisme sur route
- Mise à jour sur la nutrition et les suppléments pour l'athlète d'endurance : examen et recommandations
- Stratégies de nutrition contemporaines pour optimiser les performances des coureurs de fond et des marcheurs de course
- Clinical Sports Nutrition 5ème édition (lien affilié Amazon)
- Glucides pour l'entraînement et la compétition
- Nutrition pour favoriser la récupération après un exercice d'endurance : remplacement optimal des glucides et des protéines
- From Metabolism to Medals: Contemporary Perspectives and Revisiting Carbohydrate Guidelines for Fuelling Endurance Athletes During Exercise
- Jones et al. 2026 - Dose–Response of Dietary Carbohydrate Intake on Skeletal Muscle Glycogen, Gastrointestinal Comfort and Body Composition in Endurance-Trained Individuals in Simulated Preparation for Competition
