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Préparation Hivernale Running & Trail : Le Guide Complet

Contrairement à ce que l'on peut croire, l'hiver n'est pas une saison triste et inutile sur le plan sportif. Au contraire, c'est la période la plus critique de votre saison sportive pour préparer vos futurs objectifs en course à pied et en trail.

Alors que beaucoup de coureurs amateurs font l'erreur de couper pendant des mois, ou à l'inverse de continuer à enchaîner les séances de VMA intenses, les meilleurs athlètes mondiaux en course à pied et en trail utilisent la période hivernale pour une mission précise : construire une caisse forte, résiliente et endurante. Si l'été est fait pour "atteindre votre pic de forme" avant votre compétition, l'hiver est fait pour construire votre moteur et bâtir les fondations.

Voici le guide complet, qui regroupe les méthodes des meilleurs coachs d'endurance (Olav Bu, Alan Couzens, Jason Koop, Scott Johnston, Dan Lorang), pour bien vous entraîner pendant l'hiver et devenir un coureur plus fort, plus rapide et plus performant.

 

Vous préférez écouter ces conseils ? J'ai détaillé tout ce plan dans l'épisode 15 du podcast :

 

Construire les Bases de la Performance

Pour comprendre l'entraînement hivernal, il suffit de regarder la hiérarchie de la performance ci-dessous :

 

Hiérarchie de l'entraînement dans les sports d'endurance
Hiérarchie de l'entraînement dans les sports d'endurance

 

 

Pour être performant, on veut donc commencer à s'entraîner dès la saison hivernale pour :

  1. Construire les bases, les fondations de votre pyramide, en augmentant votre volume en endurance fondamentale.
  2. Renforcer votre corps pour prendre de la force et pour prévenir les blessures (muscles, tendons, articulations, os...)
  3. Ajouter un travail de puissance et de vitesse, sur des efforts courts, pour stimuler toutes les filières énergétiques et améliorer votre économie de course.
  4. Maintenir un travail de rappel d'intensité (VO2 max, Seuil), uniquement si nécessaire en fonction de votre profil.

 

La règle d'or de l'hiver :

Passez au minimum 80% de votre temps d'entraînement en endurance fondamentale (zone 1 et zone 2). Les 20% restants seront consacrés au renforcement musculaire et aux efforts courts. On laisse volontairement de côté les intensités (VMA, VO2max, Seuil) pour le moment.

Pourquoi ? Parce que l'on veut concentrer son énergie sur le développement de votre base. Parce que plus la base de votre pyramide est large, plus votre pic de forme pourra monter plus haut au printemps et en été. C'est le secret pour performer et progresser.

 

Quels sont les objectifs d'un bon entraînement hivernal ?

Au-delà de simplement "garder la forme", un bon bloc hivernal doit viser 5 objectifs physiologiques et structurels précis. Si vous validez ces quatre points d'ici la fin de l'hiver, votre saison a de très fortes chances d'être déjà réussie.

 

1. Objectif Métabolique : Brûler plus de graisses

Le but premier est d'améliorer votre santé métabolique (oxydation des graisses) :

  • Le principe : En courant majoritairement à très basse intensité, vous multipliez le nombre de mitochondries (les centrales énergétiques de vos cellules) et vous développez votre réseau de capillaires sanguins pour mieux oxygéner vos muscles et faciliter les échanges métaboliques.
  • Le résultat visé : Cela permet à votre corps d'apprendre à utiliser les graisses (lipides) comme carburant principal pendant l'effort. Progressivement, votre corps sera capable d'utiliser de plus en plus de graisses à des intensités plus élevées, ce qui va repousser la fatigue. C'est ce qui vous évitera le "mur" sur un marathon ou la panne sèche sur ultra-trail, en préservant vos stocks de glucides (glycogène musculaire).

À noter que les recherches montrent que chez des athlètes entraînés, le pic d'oxydation des graisses se situe généralement entre 65% et 75% de la FC max (ce qui correspond souvent à 55-65% de la VO2max). Chez les athlètes Élite très adaptés (ex: marathoniens ou traileurs pro), ce pic peut se déplacer légèrement vers la droite (vers 80% FC max), mais pour l'amateur, 70% de la FCmax est une excellente cible.

Ensuite, l'oxydation des graisses chute fortement lorsque l'on dépasse 80% de la FC max. Si vous courez souvent à 80-85% de la FC max (Zone 3), vous pensez être en endurance et faire du foncier, mais métaboliquement, vous brûlez surtout des glucides et très peu de gras. À cette intensité, vous ne parvenez pas à améliorer l'oxydation des graisses grâce à vos entraînements. C'est l'erreur la plus courante chez les sportifs amateurs.

Oxydations des graisses et taux de lactate en fonction des zones d'intensité d'effort.
Oxydations des graisses et taux de lactate en fonction des zones d'intensité d'effort.

 

2. Objectif Cardiovasculaire : "Augmenter le volume du coeur"

C'est une notion très importante : courir lentement va vous permettre d'augmenter votre volume cardiaque. En effet, lorsque vous courez en Zone 1 (< 70% de votre FCmax), votre fréquence cardiaque est basse. La phase de relâchement du cœur (la diastole) est donc plus longue, et votre ventricule gauche a le temps de se remplir complètement de sang. Les parois du cœur sont alors étirées à leur maximum (comme un ballon de baudruche bien rempli).

  • Le résultat visé (Hypertrophie Excentrique) : À force de subir cet étirement répété durant l'hiver, le volume interne de votre cœur s'agrandit physiquement.
  • Bénéfice : Un cœur plus volumineux peut éjecter plus de sang à chaque battement. C'est la manière la plus durable d'augmenter votre VO2 max pour la saison à venir.

 

3. Objectif Résilience : La "Durabilité"

L'hiver est la meilleure période pour travailler et développer vos qualités musculaires (force et endurance) sans compromettre votre préparation en course à pied :

  • Le principe : Via un renforcement musculaire régulier (2 fois par semaine).
  • Le résultat visé : Augmenter la force et l'endurance de vos muscles et renforcer vos tendons et vos articulations. Un corps plus solide est un corps qui a moins de chance de se blesser sur la saison à venir, lorsque le volume d'entraînement sur route ou en trail sera plus élevé.

 

4. Objectif Neuromusculaire : L'Économie de Course (RE)

On veut développer une meilleure efficacité du mouvement lorsque vous courez, pour dépenser moins d'énergie à chaque foulée :

  • Le principe : Via les sprints courts en côte et le travail de force en renforcement musculaire.
  • Le résultat visé : Améliorer votre économie de course. Vous voulez qu'à 12 km/h, votre corps consomme moins d'oxygène et d'énergie en mars qu'il n'en consommait en novembre. C'est l'art de faire "plus avec moins".
  • Développer votre vitesse : En travaillant votre Force et les Sprints courts, vous entretenez votre vitesse sans la fatigue du fractionné intense type VMA. Vous allez donc conserver votre vitesse, tout en étant plus endurant et plus efficace.

 

5. Objectif Mental : La "Fraîcheur"

C'est souvent un aspect négligé mais tout aussi important dans l'entraînement : votre fraîcheur mentale. L'hiver sert à régénérer le système nerveux, souvent sur-sollicité par le stress des compétitions. Il sert aussi à diversifier vos entraînements pour rompre la monotonie et ne pas faire que de la course à pied.

  • Le principe : Moins de pression, plus de plaisir. On court souvent sans chrono, sans pression d'allure, en nature.
  • Le résultat visé : Arriver au début du plan spécifique (printemps) avec l'envie de compétition, plutôt que d'être déjà lassé et fatigué. Un corps sain, dans un esprit sain !

Ainsi, grâce à cette période hivernale, vous avez du temps devant vous pour bien vous entraîner, vous développer et vous renforcer, sans pression de la compétition qui arrive. Les adaptations recherchées sont celles qui mettent le plus de temps à se développer, il vous faudra donc consacrer plusieurs semaines, voire plusieurs mois pour votre préparation hivernale.

 

Développer le Foncier (Endurance fondamentale)

Pour construire votre caisse et développer votre endurance, il faut apprendre à courir lentement. En effet, la plupart des coureurs amateurs sur route ou en trail ne savent pas courir en endurance, et vont toujours trop vite pour stimuler les bonnes adaptations.

 

Endurance fondamentale = Zone 1 et  Zone 2

On entend beaucoup parler de la "Zone 2" pour travailler son endurance. C'est déjà un bon point de départ pour se forcer à ralentir, mais ce n'est pas suffisant si vous souhaitez vraiment progresser. Pour cela, il va falloir apprendre à rester en Zone 1 :

  • L'Erreur Classique : Toujours un peu trop vite (Zone 2 et +). C'est l'allure où l'on a un peu de mal à parler, où l'on va "un peu vite" pour se faire plaisir. C'est trop intense pour développer l'endurance fondamentale pure, et trop lent pour travailler la vitesse. C'est une zone à éviter durant l'hiver, et à travailler surtout en période de préparation spécifique plus tard dans la saison.
  • La Bonne Allure : Pour maximiser l'oxydation des graisses, la majorité de votre volume (environ 70%) doit être réalisée en Zone 1 (< à 70% FC max) et le reste (30%) en Zone 2 (70 à 80% FC max).
  • Volume : Plus on passe de temps à basse intensité, plus on augmente la densité mitochondriale et les enzymes responsables de l'oxydation des graisses. À 70% de la FCmax, un athlète entraîné tire légèrement plus de la moitié de son énergie via les graisses (50-60%) et le reste via les glucides. C'est le point idéal pour entraîner le corps à économiser le précieux glycogène.
  • Application : Avant de chercher à complexifier vos séances de fractionné, cherchez à augmenter progressivement votre volume global à basse intensité (durée et fréquence des séances). C'est ce volume qui crée les adaptations physiologiques durables (densité mitochondriale, capillarisation).

 

Bienfaits de l'entraînement en endurance fondamentale

 

En Pratique : Comment trouver vos Zones 1 et 2 ?

  • Zone 1 : Elle correspond à une allure très facile, sans essoufflement, avec la possibilité de respirer totalement par le nez. Vous pouvez parler totalement normalement sans être gêné. Vous ne sentez aucune fatigue ou tension musculaire, et votre cardio reste très bas (< à 70% de votre FC max). Votre intensité d'effort perçu RPE reste inférieure ou égale à 2/10.
  • Zone 2 : Elle correspond à une allure facile, avec un essoufflement léger. Vous pouvez avoir une conversation normale mais vous sentez que c'est plus difficile qu'au repos. Vous sentez un travail musculaire et votre cardio reste bas et stable (70 à 80% de votre Fc max). Cette allure correspond à une intensité de 3-4/10 en RPE.

Si vous avez un doute sur votre allure, prenez le réflexe de ralentir. En hiver, il vaut mieux être "trop lent" (en Zone 1) que "trop vite" (en Zone 3). Courir trop lentement développe tout autant votre endurance. Par contre, courir trop vite fatigue votre organisme sans développer les bonnes qualités.

Vous pouvez utiliser mon calculateur des zones de fréquence cardiaque pour déterminer vos zones d'entraînement.

 

Discipline des meilleurs athlètes :

  • Les meilleurs coureurs mondiaux, capables de courir le marathon en moins de 2h10, réalisent la majorité de leurs entraînements en footing, à des allures inférieures à 14 km/h. Pour eux, c'est très loin des 20-21km/h qu'ils peuvent tenir sur plus de 2h. Leur cardio reste très bas sur l'ensemble de ces sorties.
  • Les meilleurs trail runners n'hésitent pas à marcher dès que la pente s'élève pour rester en zone d'endurance et ne pas laisser le coeur monter.

C'est cette discipline qui leur permet de construire un gros moteur et d'être si performant. Alors soyez disciplinés, laissez votre égo de côté et ralentissez le plus possible !

À LIRE : Guide l'entraînement en endurance fondamentale

 

Travailler la force (Renforcement musculaire et PPG)

 

Pourquoi faire du renfo quand on est coureur à pied ?

En course à pied sur route comme en trail, le renforcement musculaire est très bénéfique pour 2 raisons essentielles :

  • Améliorer vos performances : En développant votre force et votre endurance musculaire, vous pouvez améliorer votre économie de course, votre résistance musculaire, et votre vitesse sur le plat, en montée et en descente. En devenant plus forts, vos muscles vont devenir plus efficaces et vont consommer moins d'énergie.
  • Réduire le risque de blessures : avec un travail de renforcement musculaire régulier durant les mois d'hiver, vous pouvez espérer réduire vos risques de blessure de moitié. En effet, vos muscles, vos tendons, vos articulations et vos os se renforcent et deviennent plus résilients.

Concrètement, un muscle plus fort est un muscle qui se fatigue moins vite, ce qui vous permettra d'être plus endurant et plus rapide sur route comme en trail. Vous pouvez lire le dossier sur les bénéfices du renforcement musculaire en course à pied pour en apprendre davantage.

 

Étape 1 : Les Fondations (Technique & Stabilité)

Avant de vouloir développer de la force, il faut d'abord commencer par construire les fondations. Durant les 4 premières semaines de votre hiver, votre programme de renforcement musculaire doit suivre les éléments suivants :

  • Objectifs : Renforcer les muscles stabilisateurs (pieds, chevilles, hanches), le gainage profond et maîtriser la technique des squats et des fentes.
  • Comment ? : Exercices avec poids du corps, élastiques, travail sur une jambe (unipodal) pour l'équilibre, gainage, puis ajout de charge en dernier (haltères, kettlebell, gilet lesté).

Si vous êtes débutant ou si vous n'avez pas l'habitude de faire du renforcement toute l'année, cette phase s'avère très importante. Vous pouvez retrouver un exemple de séances de renforcement musculaire ici :

 

Étape 2 : La Force Maximale

Une fois les fondations construites et la technique sur les exercices maîtrisés, c'est le moment de travailler la force maximale :

  • C'est quoi ? Soulever des charges lourdes sur un petit nombre de répétitions.
  • Objectif : Augmenter la capacité nerveuse de recrutement des fibres. On ne cherche pas la "brûlure", on cherche la tension mécanique avant tout.
  • Exercices : Fentes bulgares, Squats sur une jambe, Step up, Extension des mollets, le tout avec de la charge (haltères, kettlebell, gilet lesté).
  • Protocole : 3 à 5 séries de 4 à 6 répétitions, en choisissant 3 exercices pour les jambes, avec 2 à 3 minutes de repos entre chaque série.

 

Étape 3 : La Pliométrie

La pliométrie est très complémentaire au travail de force :

  • C'est quoi ? Des exercices de sauts dynamiques avec un temps de contact au sol très court.
  • Objectif : Améliorer la résilience de vos muscles et de vos tendons. C'est ce qui vous permet de rebondir au sol plutôt que de vous écraser, afin d'avoir une meilleure foulée.
  • Exercices : Corde à sauter, Squats Jumps, Sauts unilatéraux, Drop Jumps.

En combinant les deux, vous pouvez également développer votre endurance musculaire, une des qualités les plus importantes à développer en trail running, tout particulièrement pour les trails longs ou les ultras.

 

En Pratique : Le Protocole de renforcement

Fréquence : 2 séances par semaine (à espacer de 48 à 72  heures).

Séance Type (45 min) :

  • Échauffement : 10 min de Gainage dynamique.
  • Jambes : 3 à 5 séries de Force Max (4 à 6 répétitions de Squats ou Fentes). Récupération longue (2-3 min).
  • Fin : pliométrie légère (Corde à sauter, Sauts dynamiques) pour terminer la séance.

Voici un exemple de séance d'exercices pour votre renforcement hivernal et votre travail de PPG :

À LIRE : Le guide complet de la PPG pour le trail et la course à pied

 

Améliorer votre Puissance Max (Sprints courts)

Pour ne pas devenir un "diesel" à force de faire du foncier, vous devez garder une sollicitation musculaire maximale pour travailler toutes vos fibres musculaires. L'hiver, on ne cherche pas le travail intense cardio (VMA ou VO2 max), on cherche à travailler des efforts courts très intenses (Sprints).

 

Pourquoi travailler votre Puissance ?

La puissance, c'est votre capacité à appliquer une grande force en un temps très court. Ainsi, on veut utiliser la force que vous avez développée grâce au renforcement pour la transférer en course à pied et générer plus de puissance.

Pour cela, vous allez pouvoir réaliser des sprints courts en côte qui permettent de :

  • Recruter les fibres rapides (Type II) qui travaillent peu durant vos sorties en endurance.
  • Améliorer la résilience de vos tendons : C'est la capacité du tendon à renvoyer l'énergie comme un ressort puissant.
  • Améliorer votre technique : La pente oblige à poser le pied sous le centre de gravité et à pousser fort vers l'avant, avec un gros recrutement des fessiers, des ischio-jambiers et des mollets.

 

Intérêts des sprints courts chez le coureur d'endurance :

Ces sprints courts ne sont pas destinés à améliorer votre VO2max ou votre cardio, bien qu'ils permettent un travail de maintenance. Ils sont là pour améliorer votre système nerveux et vos fibres musculaires. Les sprints en côte permettent de recruter 100% du spectre musculaire. Vous réveillez les fibres rapides. Même si vous ne les utilisez pas directement sur un marathon ou un ultra, avoir des fibres rapides actives permet de "soulager" les fibres lentes quand elles fatiguent.

En bref : Plus votre plafond de vitesse (puissance max) est haut, plus votre plancher (endurance) est confortable.

 

En Pratique : Le Protocole "Sprints en côte"

  • Terrain : Une côte raide (> à 20% si possible) ou des escaliers. Plus la pente est raide, plus le travail sera bénéfique.
  • Échauffement : 20 min de footing progressif + 3 accélérations de 20 secondes.
  • Effort : Sprint maximal (intensité 10/10) pendant 10 à 15 secondes.
  • Récupération (2 à 3 minutes) : Redescendez en marchant lentement, ou en faisant un jogging très lent pour récupérer totalement.
  • Volume : 4 à 8 répétitions. Stoppez votre séance dès que vous sentez que vous ne pouvez plus maintenir la même vitesse sur vos sprints (qualité avant quantité).

 

Bienfaits des sprints en côte pour la course à pied et le trail
Bienfaits des sprints en côte pour la course à pied et le trail

 

 

Séances d'entraînement hivernal pour le coureur à pied

Voici les 4 séances essentielles qui doivent composer votre programme d'entraînement hivernal :

 

Footing "Endurance Fondamentale"

  • Objectif : Augmenter progressivement le volume de course à pied sur votre semaine.
  • Terrain : Plat ou vallonné (avec gestion stricte de l'effort).
  • Intensité : Zone 1 (majoritairement) et bas de Zone 2, aisance respiratoire totale, 2 RPE, < à 70% de la FCmax.
  • Durée : 30 à 60 minutes.
  • Fréquence : 2 à 6 fois par semaine, en fonction de votre niveau d'entraînement.

 

Séance "Sprints" (Vitesse Neuromusculaire)

  • Objectif : Recruter les fibres rapides, renforcer les tendons, améliorer la foulée (Pied).
  • Protocole : Pente raide (> à 20%). 4 à 8 sprints de 10 à 15 secondes. Récupération complète (2 à 3 minutes en marchant ou en jogging pour faire redescendre le cœur).
  • Intensité : 10/10 pendant les sprints.
  • Durée : 50 min (20 min d'échauffement en zone 1, 15 minutes de bloc sprints, 15 min de retour au calme en Zone 1).
  • Fréquence : 1 à 2 fois par semaine (à ne pas faire 2 jours d'affilée).

 

Séance Renforcement musculaire (Salle ou Maison)

  • Objectif : Augmenter votre force, votre endurance musculaire et la résilience des tendons.
  • Exercices : Squats sur une jambe (avec barre ou Kettlebell), Fentes, Step up, travail des Mollets.
  • Travail : Charges lourdes (si maîtrisé), peu de répétitions (3 à 5 séries de 4 à 6 répétitions).
  • Durée : 45 minutes.
  • Fréquence : 2 séances par semaine (à ne pas faire 2 jours d'affilée).

 

Sortie Longue

  • Objectif : Travailler l'endurance fondamentale, la durabilité, et l'oxydation des graisses.
  • Terrain : Plat ou vallonné (avec gestion stricte de l'effort).
  • Intensité : Zone 1 (majoritairement) et bas de Zone 2, aisance respiratoire totale, 2 RPE, < à 70% de la FCmax.
  • Durée : 1 à 3 heures (augmenter la durée très progressivement, jamais plus de 10% par sortie longue).
  • Fréquence : 1 fois par semaine.

 

Plan d'entraînement hivernal (8 Semaines)

Voici 2 programmes d'entraînement que vous pouvez utiliser si vous faites de la course à pied sur route ou du trail afin de bien vous préparer durant l'hiver :

 

Plan d'entraînement 4 séances par semaine :

SemainePhaseSéance 1 (Sprints en côte)Séance 2 (Renforcement musculaire)Séance 3 (Entraînement croisé)Séance 4 (Sortie Longue)
1Adaptation45 min avec 4 sprints de 10 sec au milieu30 min (Gainage + Exercices poids du corps)1H30 Vélo en Endurance (Zone 1/Zone2)1H Course à pied en Endurance (Zone 1/Zone2)
2Adaptation45 min avec 5 sprints de 10 sec au milieu30 min (Gainage + Exercices poids du corps)1H30 Vélo en Endurance (Zone 1/Zone2)1H10 Course à pied en Endurance (Zone 1/Zone2)
3Adaptation45 min avec 6 sprints de 10 sec au milieu45 min (Gainage + Exercices poids du corps)2H Vélo en Endurance (Zone 1/Zone2)1H20 Course à pied en Endurance (Zone 1/Zone2)
4Adaptation45 min avec 6 sprints de 10 sec au milieu45 min (Gainage + Exercices poids du corps)2H Vélo en Endurance (Zone 1/Zone2)1H30 Course à pied en Endurance (Zone 1/Zone2)
5Développement1H avec 6 sprints de 15 sec au milieu45 min (Gainage + Force = Exercices avec charge)2H30 Vélo en Endurance (Zone 1/Zone2)1H40 Course à pied en Endurance (Zone 1/Zone2)
6Développement1H avec 7 sprints de 15 sec au milieu45 min (Gainage + Force = Exercices avec charge)2H30 Vélo en Endurance (Zone 1/Zone2)1H45 Course à pied en Endurance (Zone 1/Zone2)
7Développement1H avec 8 sprints de 15 sec au milieu1H (Gainage + Force = Exercices avec charge)3H Vélo en Endurance (Zone 1/Zone2)1H50 Course à pied en Endurance (Zone 1/Zone2)
8Développement1H avec 8 sprints de 15 sec au milieu1H (Gainage + Force = Exercices avec charge)3H Vélo en Endurance (Zone 1/Zone2)2H Course à pied en Endurance (Zone 1/Zone2)

Tu veux ce plan toujours avec toi sur ton téléphone ? Télécharge le plan en PDF.

Nb : Vous pouvez utiliser mon guide de l'entraînement avec la fréquence cardiaque pour définir vos zones d'entraînement. L'entraînement croisé peut être réalisé en vélo, à ski, ou en randonnée.

 

Plan d'entraînement 6 séances par semaine :

SemainePhaseSéance 1 (Sprints en côte)Séance 2 (Renforcement musculaire)Séance 3 (Sprints en côte)Séance 4 (Renforcement musculaire)Séance 5 (Entraînement croisé)Séance 6 (Sortie Longue)
1Adaptation45 min avec 4 sprints de 10 sec au milieu30 min (Gainage + Exercices poids du corps)45 min avec 4 sprints de 10 sec au milieu30 min (Gainage + Exercices poids du corps)1H30 Vélo en Endurance (Zone 1/Zone2)1H Course à pied en Endurance (Zone 1/Zone2)
2Adaptation45 min avec 5 sprints de 10 sec au milieu30 min (Gainage + Exercices poids du corps)45 min avec 5 sprints de 10 sec au milieu30 min (Gainage + Exercices poids du corps)1H30 Vélo en Endurance (Zone 1/Zone2)1H10 Course à pied en Endurance (Zone 1/Zone2)
3Adaptation45 min avec 6 sprints de 10 sec au milieu45 min (Gainage + Exercices poids du corps)45 min avec 6 sprints de 10 sec au milieu30 min (Gainage + Pliométrie légère)2H Vélo en Endurance (Zone 1/Zone2)1H20 Course à pied en Endurance (Zone 1/Zone2)
4Adaptation45 min avec 6 sprints de 10 sec au milieu45 min (Gainage + Exercices poids du corps)45 min avec 6 sprints de 10 sec au milieu30 min (Gainage + Pliométrie légère)2H Vélo en Endurance (Zone 1/Zone2)1H30 Course à pied en Endurance (Zone 1/Zone2)
5Développement1H avec 6 sprints de 15 sec au milieu45 min (Gainage + Force = Exercices avec charge)1H avec 6 sprints de 15 sec au milieu45 min (Gainage + Mix Pliométrie / Force)2H30 Vélo en Endurance (Zone 1/Zone2)1H40 Course à pied en Endurance (Zone 1/Zone2)
6Développement1H avec 7 sprints de 15 sec au milieu45 min (Gainage + Force = Exercices avec charge)1H avec 7 sprints de 15 sec au milieu45 min (Gainage + Mix Pliométrie / Force)2H30 Vélo en Endurance (Zone 1/Zone2)1H45 Course à pied en Endurance (Zone 1/Zone2)
7Développement1H avec 8 sprints de 15 sec au milieu45 min (Gainage + Force = Exercices avec charge)1H avec 8 sprints de 15 sec au milieu45 min (Gainage + Mix Pliométrie / Force)3H Vélo en Endurance (Zone 1/Zone2)1H50 Course à pied en Endurance (Zone 1/Zone2)
8Développement1H avec 8 sprints de 15 sec au milieu45 min (Gainage + Force = Exercices avec charge)1H avec 8 sprints de 15 sec au milieu45 min (Gainage + Mix Pliométrie / Force)3H Vélo en Endurance (Zone 1/Zone2)2H Course à pied en Endurance (Zone 1/Zone2)

Tu veux ce plan toujours avec toi sur ton téléphone ? Télécharge le plan en PDF.

Nb : Vous pouvez utiliser mon guide de l'entraînement avec la fréquence cardiaque pour définir vos zones d'entraînement. L'entraînement croisé peut être réalisé en vélo, à ski, ou en randonnée.

 

5 Règles d'Or pour bien suivre votre plan hivernal

  1. Trouvez votre routine : Le plan est flexible, vous pouvez placer les séances quand vous le souhaitez en fonction de votre emploi du temps. Essayez de trouver une routine d'entraînement qui vous permet d'être régulier sans être trop ambitieux en termes de temps pour ne pas ajouter trop de stress dans votre quotidien.
  2. Respectez les zones d'intensité : Le travail d'endurance est la priorité, alors acceptez de ralentir et de prendre votre temps sur vos séances à basse intensité, pour développer votre métabolisme et construire votre moteur.
  3. Priorité Volume : Plus vous ajoutez du volume d'entraînement en endurance, plus vous allez progresser. À vous d'adapter votre volume en fonction de votre niveau, vos contraintes de vie, et votre temps disponible.
  4. Surveillez votre récupération, votre sommeil, et votre alimentation, pour adapter le plan en conséquence. Si vous ne récupérez pas bien d'une semaine à l'autre, vous devez alléger le planning.
  5. Mesurez vos progrès, en regardant la relation entre votre fréquence cardiaque moyenne et votre allure sur des parcours similaires. À la fin des 8 semaines, vous devez être capable de courir plus vite pour la même fréquence cardiaque, et de réaliser vos sorties longues en finissant fort et de moins en moins fatigué.

Après les 8 semaines du planning, tant que vous observez des progrès, poursuivez votre plan d'entraînement le plus longtemps possible avant de changer. En effet, pour des coureurs amateurs, il faut souvent prévoir 3 à 6 mois d'entraînement à basse intensité avant de ne plus ressentir de progression (atteindre un plateau).

Besoin de conseils pour planifier vos entrainements et préparer vos objectifs ?

 

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Comment adapter le programme lorsque l'on manque de temps ?

Si votre emploi du temps ne vous permet pas de vous entraîner plus de 5h par semaine, vous devrez effectuer quelques modifications pour compenser le manque de volume :

  • Conservez la fréquence d'entraînement la plus élevée possible. Même des séances régulières de 20 à 30 min de footing seront très bénéfiques.
  • Gardez au minimum 1 séance de renforcement par semaine en privilégiant le travail de force et le gainage sur le temps de récupération pour optimiser votre temps durant les séances.
  • Ciblez le haut de votre Zone 1 : Essayez de courir plus proche de 70% de votre FC max pour rester sur le haut de votre zone 1 pendant vos sorties d'endurance.
  • Prévoyez 1 sortie longue chaque semaine : C'est après 75 à 90 minutes de course à pied que les fibres musculaires atteignent un seuil bas de réserve de glycogène, ce qui oblige le corps à optimiser l'oxydation des graisses pour continuer à avancer.
  • Remplacez les sprints par du fractionné : Avec moins de 5h, remplacez les sprints en côte par une séance d'Intervalles type 4 x 4 minutes pour stimuler votre VO2 max, car le volume global peut s'avérer insuffisant pour cela.

Même à des volumes d'entraînement plus faibles, les études ont montré que s'entraîner 80% du temps en endurance (méthode d'entraînement polarisée) sera plus bénéfique pour vos performances que de remplacer le travail en zone 1 par plus d'intensité.

Semaine type < 5h :

  • Séance 1 : Séance VO2 max, échauffement 15 min, puis 4 X 4 min très vite (90 à 95% de la FC max) avec récup 4 min, puis 15 min de retour au calme (soit 1H au total).
  • Séance 2 : Renforcement musculaire (45 min).
  • Séance 3 : Footing en Endurance (45 min).
  • Séance 4 : Sortie longue en Endurance (1H30).

 

Augmentation progressive du volume d'entraînement sur la période hivernale
Augmentation progressive du volume d'entraînement sur la période hivernale

 

 

Gérer la Météo : Guide de l'Équipement Hivernal

"Il n'y a pas de mauvais temps, il n'y a que de mauvais équipements." Ce dicton norvégien est la base de la pratique hivernale. Pour continuer à bien vous entraîner quand la météo se dégrade et que les températures chutent, il faut vous préparer avec le bon équipement et le bon état d'esprit.

 

Comment s'habiller pour courir en hiver ?

Durant vos séances d'entraînement hivernal, vous devez courir en combinant plusieurs couches pour ne pas avoir froid, tout en respirant convenablement :

Couche 1 (Respirante) : C'est le vêtement seconde peau qui a pour rôle de vous maintenir au chaud tout en évacuant la transpiration vers l'extérieur pour garder la peau sèche.

  • Le choix : Un t-shirt technique moulant à manches longues.

Couche 2 (Isolante) : Son rôle est de conserver la chaleur corporelle.

  • Le choix : Un maillot technique. À moduler selon la température (inutile au-dessus de 5-10°C lorsque vous courez).

Couche 3 (Protectrice) : Son rôle est de protéger du vent, de la pluie ou de la neige.

  • Le choix : Une veste coupe-vent ou une veste imperméable(type Gore-Tex) s'il pleut. Elle doit rester respirante pour éviter l'effet "cocotte-minute".

 

Protéger vos Extrémités

Pour maintenir vos organes vitaux "au chaud", le corps envoie moins de sang dans les mains et les pieds, qui peuvent vite être très froids et douloureux par mauvais temps :

  • La Tête : On perd jusqu'à 30% de la chaleur par la tête. Un bonnet ou un bandana de running sont recommandés en dessous de 5°C.
  • Les Mains : Des gants fins suffisent souvent. S'il fait très froid, optez pour des gants plus épais, ou imperméables s'il pleut.
  • Les Pieds : Investissez dans des chaussettes chaudes et plus épaisses.

 

Adapter votre entraînement aux Conditions

Courir et bien respirer dans le froid : Beaucoup de coureurs se plaignent de la gorge et des poumons par temps froid. L'air froid et sec assèche les muqueuses et peut provoquer une bronchoconstriction.

  • La solution : Inspirez par le nez (qui réchauffe et humidifie l'air) sur les allures lentes (Zone 1). Si l'intensité monte, utilisez un tour de cou (buff) devant la bouche pour réchauffer l'air que vous inspirez.

Courir la Nuit : Les journées étant courtes, il faut parfois s'entraîner de nuit :

  • Bien voir : Une lampe frontale (puissance >à 400 lumens) est recommandée pour anticiper les obstacles.
  • Être vu : Portez des vêtements avec des éléments réfléchissants ou un gilet fluo si vous êtes sur route.

Rallonger le temps d'échauffement : Avec le froid,  les muscles et les tendons sont plus raides, ce qui accroît le risque de blessure (claquage, tendinite, douleur articulaire).

  • Le conseil : Prenez le temps de bien vous échauffer avec 5 minutes de marche active, puis les 15 premières minutes de footing doivent être très progressives.

Hydratation et Nutrition : L'hiver, les sensations de soif ou de faim sont souvent réduites durant l'entraînement.

  • Le conseil : Même si l'intensité est faible, sur vos séances de plus d'1H, pensez à boire et à manger régulièrement pour bien vous entraîner et bien récupérer. Hydratez-vous dès la fin de votre entraînement, et prenez votre repas de récupération dans l'heure qui suit la fin de votre séance.

 

S'entraîner Indoor (Tapis et Home-Trainer)

Lorsque la météo est trop capricieuse, ou que les routes ou les sentiers ne sont pas praticables, il est parfois préférable de s'entraîner en intérieur :

Le Tapis de Course : Idéal pour contrôler votre intensité, et pour faire du dénivelé positif en trail sans avoir à subir les chocs de la descente.

  • Séance type trail : Tapis à 15% de pente, alternez 1 min marche rapide / 1 min course lente.

Le Home-Trainer (Vélo) : L'outil parfait pour le foncier. Il permet de maintenir votre intensité très stable sans les impacts au sol.

  • Séance Travail de force sur Home Trainer : 20 min en Zone 1 avec petit braquet (100 tours par minute) / 2 fois 10 min en Zone 2 avec gros braquet (60 tours par minute) / 20 min en Zone 1 avec petit braquet (100 tours par minute)

 

Optimiser votre Santé et votre Récupération

Au même titre que vous construisez les bases durant l'entraînement, vous devez également profiter de l'hiver pour mettre en place les bases d'une bonne santé et d'une récupération optimale. Un athlète en bonne santé est un athlète qui s'entraîne bien, qui récupère bien, qui progresse et qui ne se blesse pas. Ce sont les bases les plus importantes à construire durant votre hiver, et que vous devez maintenir tout le reste de votre saison.

 

Nutrition & Hydratation

Ce n'est pas parce que vous n'avez pas de compétition en vue que vous ne devez pas bien vous hydrater et bien vous alimenter. Que cela soit pendant vos entraînements, ou en dehors de vos séances, vous devez profiter de l'hiver pour mettre en place les bases d'une nutrition sportive adaptée à votre pratique de la course à pied.

Le concept à respecter est d'adapter votre carburant en fonction de l'effort :

  • Consommez suffisamment de calories au quotidien pour couvrir vos dépenses énergétiques, en fonction de vos entraînements.
  • Mangez des glucides pendant vos séances intenses ou longues (40 à 80 g / h).
  • Consommez suffisamment de protéines (1.5 à 2 g / kg de poids de corps) chaque jour pour bien récupérer.
  • Équilibrez votre alimentation en consommant une variété d'aliments naturels non transformés pour obtenir de bonnes graisses, des vitamines, des minéraux et des fibres.

Vous pouvez utiliser le guide de l'alimentation du coureur à pied pour en savoir plus.

 

Surveiller votre Sommeil et votre Récupération

Pour progresser, vous devez être en mesure de récupérer entre vos séances d'entraînement. De ce fait, vous devez adapter votre charge d'entraînement en fonction de votre récupération et de la qualité de votre sommeil.

Pour cela, vous pouvez utiliser un questionnaire d'évaluation de récupération et du sommeil, afin de surveiller ces 2 piliers de la performance en tant que sportif.

 

Comment savoir si vous en faites de trop ?

La méthode des Pros : Évaluez votre fatigue à l'effort. Si sur votre footing habituel à 10 km/h, votre cœur est 10 pulsations plus haut que d'habitude (ou qu'il refuse de monter malgré l'effort), et que vos sensations sont mauvaises, c'est un signal d'alarme. Si cela se reproduit sur plusieurs jours, réduisez la charge immédiatement et reposez-vous pour récupérer.

 

Questions fréquentes sur l'entraînement hivernal

 

Dès que je cours, même doucement, mon cœur monte trop vite et je ne parviens pas à rester en endurance. Comment faire ?

C'est le signe classique que votre système aérobie n'est pas encore assez développé. Votre corps ne sait pas encore utiliser l'oxygène efficacement à l'effort, donc il fait monter le cœur pour compenser.

  • La Solution : La méthode Course / Marche. N'ayez pas peur de marcher. C'est même recommandé ! Dès que votre montre indique que vous dépassez la Zone 1 (ou le bas de la Zone 2), marchez jusqu'à ce que votre cœur redescende de 10 à 15 pulsations. Puis recommencez à trottiner.
  • La patience : Au début, vous allez peut-être marcher 50% du temps. C'est frustrant, mais c'est le passage obligé. En quelques semaines (4 à 8 semaines), vous constaterez que vous pouvez courir de plus en plus longtemps sans que le cœur ne dérive. C'est la preuve que votre "caisse" se construit et que votre condition physique s'améliore.

 

Est-il dangereux pour les poumons de courir quand il fait très froid ?

Non, à condition de prendre des précautions. L'air froid ne va pas abîmer vos poumons, mais il est souvent très sec, ce qui assèche les bronches et peut provoquer une irritation (toux, goût de sang).

La solution : Si la température descend sous 0°C, inspirez par le nez pour réchauffer l'air. Vous pouvez aussi porter un tour de cou (buff) léger devant la bouche pour réchauffer et humidifier l'air avant qu'il n'entre dans vos voies respiratoires.

 

Je suis enrhumé, dois-je annuler ma séance ?

Cela dépend de vos symptômes :

  • Symptômes au-dessus du cou (nez qui coule, éternuements légers) : Vous pouvez courir, mais restez impérativement en Zone 1 (Endurance fondamentale). La séance peut même aider à dégager les sinus.
  • Symptômes au-dessous du cou (toux profonde, courbatures, fièvre, oppression thoracique) : Repos total obligatoire. Le système immunitaire est déjà sollicité, ajouter un stress d'entraînement retardera la guérison et peut être dangereux pour votre santé (myocardite).

 

Dois-je boire même si je n'ai pas soif ?

Oui, absolument. C'est le piège de l'hiver : le froid supprime la sensation de soif, pourtant vous pouvez vous déshydrater.

Pourquoi ? L'air froid est sec. À chaque expiration, vous rejetez de la vapeur d'eau (la fumée blanche !), ce qui diminue vos réserves hydriques sans que vous transpiriez à grosses gouttes. Forcez-vous à boire avant et après la séance.

 

Courir sur tapis de course est-il aussi efficace qu'en extérieur ?

Sur le plan cardiovasculaire, oui. Courir 1h à 130 puls/min sur tapis ou dehors a le même effet sur votre cœur. Sur le plan biomécanique, c'est différent. Le tapis "entraîne" la jambe vers l'arrière, ce qui sollicite moins les ischio-jambiers qu'une course naturelle sur route ou en trail.

Conseil : Si vous courez sur tapis, mettez toujours 1% de pente pour compenser l'absence de résistance de l'air et vous rapprocher du coût énergétique de la course en condition réelle.

 

Dois-je changer de chaussures pour la neige ?

Si vous courez sur route mouillée, vos chaussures habituelles suffisent. En revanche, si vous courez sur la neige damée ou des sentiers boueux :

  • Privilégiez des chaussures de Trail avec des crampons plus marqués.
  • Si vous êtes frileux ou que vous courez dans la neige fraîche, une membrane imperméable (type Gore-Tex) gardera vos pieds au sec et donc au chaud. Attention toutefois, elles sont moins respirantes et évacuent moins bien la transpiration.

 

Brûle-t-on plus de calories en courant dans le froid ?

Oui, mais la différence est minime. Votre corps dépense de l'énergie supplémentaire pour la thermorégulation (maintenir la température corporelle à 37°C). Cependant, une fois que vous courez et que la chaleur musculaire est produite, cette dépense se stabilise. On ne peut donc pas considérer que courir dans le froid vous permettra de brûler significativement plus de calories que dans des conditions normales de température.

 

Conclusion

L'entraînement hivernal demande de la discipline. Durant cette phase, il faut s'éloigner du "No Pain No Gain", et avoir la discipline de ralentir (Zone 1) et de prendre son temps. Il faut aussi avoir la discipline d'être régulier à l'entraînement malgré les conditions climatiques, et de faire du renforcement musculaire pour être plus fort et plus performant au printemps ou en été.

En suivant ces principes et en acceptant de ne pas rester inactif pendant les mois d'hiver, vous construisez des fondations solides. Au printemps, quand vous vous lancerez dans votre préparation spécifique pour votre marathon ou votre ultra trail, vous serez un coureur transformé : plus endurant, plus fort, plus résilient et plus performant !

Bonne préparation hivernale !

 

D'autres questions après la lecture de cet article ? N'hésitez pas à m'écrire vos questions et commentaires en bas de la page.

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